Soulages. Peintures 1999 – 2000

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Dans ses dernières œuvres, Pierre Soulages dresse devant nous, « les propriétés frontales du visible » : la permanence d’une lumière qui vibre, aux bords effrangés de bandes noires et blanches. Et, c’est le rythme de leurs écarts irréguliers qui accentue ou diminue, c’est selon, son intensité. Cette lumière n’est pas déclarative et n’appelle, n’évoque, rien qui ne fut, rien qui n’est, rien qui ne sera. Elle n’éveille en nous aucune nostalgie, aucun regret d’avoir oublié, loin dans la mémoire, une rive, le matin d’un jour, l’approche d’une naissance au jour ou d’un exil, à jamais, du lieu qui n’existât pas. Elle est, comme à jamais, présente, donnée à qui sait la voir, accordée au rythme et à l’espace.

Elle ne s’accomplit pas dans la désignation des choses, leur nomination dans la convention des lexiques où le mot voudrait être confondu avec la chose, où il voudrait signifier l’être de la langue. Elle est !

Bernard Ceysson

 


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La précédente exposition de Pierre Soulages à la galerie Alice Pauli montrait les peintures monopigmentaires « outrenoir ».* Depuis peu, d’autres œuvres sont apparues où rythme, espace et lumière naissent des contacts violents du noir et du blanc sur l’entière surface de la toile. Une présence intense, l’apparition d’une toute autre lumière picturale que l’on découvre aujourd’hui à la galerie Alice Pauli.

Avec_Olivier_pauli

Olivier Pauli avec Pierre et Colette Soulages, 1990

* lire l’entretien de Pierre Soulages avec Olivier Pauli dans le catalogue Soulages, galerie Alice Pauli, 1990

Auteur(s) : Ceysson, Bernard
Éditeur : Galerie Alice Pauli, Lausanne. Parution : 20/05/2000